Le Bourgeois Gentilhomme en images

 

Date de l’article: 14/05/2007

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Auteur: Martine Morelet

 

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Maître de musique.  Ce nous est une douce rente que ce monsieur Jourdain, avec ses visions de noblesse et de galanterie ; et votre danse et ma musique auraient à souhaiter que tout le monde lui ressemblât.

Maître à danser. Assurément ; mais je voudrais qu'avec son bien il eût encore quelque bon goût des choses.

Je languis nuit et jour, et mon mal est extrême,

Depuis qu'à vos rigueurs vos beaux yeux m'ont soumis :

Si vous traitez ainsi, belle Iris, qui vous aime,

Hélas ! que pourriez-vous faire à vos ennemis ?

 

 

Maître d'armes. Allons, Monsieur. Votre corps droit. Un peu penché sur la cuisse gauche. Les jambes point tant écartées…

 

Maître à danser. Tout beau, Monsieur le tireur d'armes; ne parlez de la danse qu'avec respect.

Maître de musique. Apprenez, je vous prie à mieux traiter l'excellence de la musique.

 

M. Jourdain. Il faut que je vous fasse une confidence. Je suis amoureux d'une personne de grande qualité, et je souhaiterais que vous m'aidassiez à lui écrire quelque chose dans un petit billet que je veux laisser tomber à ses pieds.

Maître de philosophie. Fort bien. Sont-ce des vers que vous lui voulez écrire ?

 

M. Jourdain. Qu'est-ce que c'est que ceci, monsieur mon tailleur ? Vous avez mis les fleurs en enbas.

 

 

 

 

Maître tailleur. Oui, vraiment. Toutes les personnes de qualité les portent de la sorte.

 

Nicole. Madame parle bien. Je ne saurais plus voir mon ménage propre, avec cet attirail de gens que vous faites venir chez vous.

Mme Jourdain. Çamon vraiment ! Il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles, et vous avez bien opéré avec ce beau Monsieur le comte dont vous vous êtes embéguiné .

 

M. Jourdain. Paix ! Vous ne savez pas de qui vous parlez. Il a pour moi des bontés qu'on ne devinerait jamais

Mme Jourdain. Oui, il a des bontés pour vous, et vous fait des caresses, mais il vous emprunte votre argent.

 

 

M. Jourdain. Somme totale, quinze mille huit cents livres.

Dorante. Mettez encore deux cents pistoles que vous m'allez donner, cela fera justement dix-huit mille francs… que je vous paierai au premier jour.

 

 

Dorante. Notre belle marquise viendra tantôt ici pour le repas et je l'ai fait consentir enfin au cadeau que vous lui voulez donner.

M. Jourdain. Pour être en pleine liberté, j'ai fait en sorte que ma femme ira dîner chez ma sœur.

 

Nicole. Ma foi ! Madame, je crois qu'il y a anguille sous roche, et ils parlent de quelque affaire où ils ne veulent pas que vous soyez.

Mme Jourdain. Hélas, Nicole, ce n'est pas d'aujourd'hui que j'ai conçu des soupçons de mon mari. Mais songeons à ma fille Lucile. As-tu bien dit à Cléonte qu'il me vienne trouver pour faire ensemble sa demande à mon mari ?

 

Cléonte. Monsieur, je n'ai voulu prendre personne pour vous faire une demande que je médite il y a longtemps et, sans autre détour, je vous dirai que l'honneur d'être votre gendre est une faveur glorieuse que je vous prie de m'accorder.

 

 

M. Jourdain. Vous n'êtes point gentilhomme, vous n'aurez pas ma fille.

 

 

Mme Jourdain. Cléonte, ne perdez point courage encore. Suivez-moi, ma fille, et venez dire résolument à votre père que si vous ne l'avez, vous ne voulez épouser personne

Covielle. Il s'est fait depuis peu une certaine mascarade qui vient le mieux du monde ici, et que je prétends faire entrer dans une farce que je veux faire à notre ridicule.

 

 

 

Dorimene. Je fais encore ici une étrange démarche, Dorante, de me laisser amener par vous dans une maison où je ne connais personne.

Dorante. Quel lieu voulez-vous donc, madame, que mon amour choisisse pour vous régaler, puisque vous ne voulez ni votre maison, ni la mienne ?

 

Dorimene. Comment, Dorante, voilà un repas tout à fait magnifique !

M. Jourdain. Je vois ici, Madame, quelque chose de plus beau.

 

 

Mme Jourdain. Ah, ah ! Je vous trouve ici en bonne compagnie, et je vois qu'on ne m'y attendait pas. C'est ainsi que vous festinez les dames en mon absence et que vous leur donnez la musique tandis que vous m'envoyez promener ?

M. Jourdain. Je ne sais qui me tient, maudite, que je ne vous fende la tête avec les pièces du repas que vous êtes venue troubler.

 

Mme Jourdain. Je me moque de cela. Ce sont mes droits que je défends, et j'aurai pour moi toutes les femmes.

 

 

 

 

 

Covielle. Vous savez que le fils du Grand Dayak est ici ? Il a un train tout à fait magnifique ; tout le monde le va voir, et il a été reçu en ce pays comme un seigneur d'importance. Et ce qu'il y a d'avantageux pour vous, c'est qu'il est amoureux de votre fille.

 

Cléonte. BAPAK GIORDAN,  HATI BAPAK BAK BUNGA MAWAR  YANG SEDANG MEKAR.

Covielle. C’est-à-dire « Monsieur  Jourdain, votre cœur soit toute l'année comme un rosier fleuri. »

 

Le grand chef dayak

SAYA ADALAH KETUA SUKU                

                                       Moi être chef

SAYA INGIN MEMBUATMU KETUASUKU                                                 Moi vouloir faire un grand chef

GIORDAN, GIORDAN                                                                                     De Jourdain, de Jourdain.

 

Les Dayaks. KEJAYAAN BAGI GIORDAN

Gloire à Jourdain !

 

 

 

 

 

Lucile. Comment, mon père, comme vous voilà fait ! Est-ce une comédie que vous jouez ?

M. Jourdain. Non, non, ce n'est pas une comédie, c'est une affaire sérieuse, et la plus pleine d'honneur pour vous qui se peut souhaiter. Voilà le mari que je vous donne.

 

Mme Jourdain. Ma fille consent à épouser un Dayak ? Elle peut oublier Cléonte ? Je l'étranglerais de mes mains, si elle avait fait un coup comme celui-là.

 

 

Mme Jourdain. Oui, voilà qui est fait, je consens au mariage. Envoyons quérir un notaire.

M. Jourdain. Bon, bon. et tandis qu'il viendra, et qu'il dressera le contrat, donnons un divertissement à Son Altesse Dayak.

 

 

 

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