Les vestiges d’une histoire cathare : Puilaurens

 

Date de l’article: 05/04/2005

Auteur: Latour Vincent

 

 

Dans le cadre des Itinéraires de  Découvertes (IDD), les classes de 5e et 4e  ont réalisé un projet d’une  maquette d’un château cathare (Puilaurens) et sa « mise  en scène ».

     Artisans de leur projet, les élèves ont mobilisé de nombreux savoir-faire : Mathématiques, Arts visuels, Musique, Français, Informatique et Histoire - Géographie. Ils et Elles se sont donc appliqués à redonner vie à des événements passés, souvent oubliés et pourtant si proches des grands débats contemporains sur l’intolérance et ses excès.

 

Pour faire revivre les temps troublés du catharisme :

 

*      Les élèves ont recherché sur Internet (d’après une liste de liens recensant les sites opportuns) les informations concernant le sujet :

-          plan du château et imagerie (photographies, croquis, dessins, …)

-          histoire du château et du catharisme (origines, implantations, doctrine, événements…)

 

*      Les élèves sont partis d’un plan du château de Puilaurens :

-                mesures de  l’ensemble des côtes du plan,

-                mise à l’échelle des côtes pour la maquette,

-                tracé du nouveau plan sur papier millimétré A3 (divisé en 5 parties),

-                fixation des parties du plan sur une plaque de contre-plaqué.

 

Plan du château  de Puilaurens

 

 

*      Les élèves ont ensuite réalisé la maquette à partir de briquettes de plâtres moulées (photo n°1) et d’enduit. Une série d’apprêts et de finitions (décorations végétales, électrification des tours et de la « Basse-cour ») ont permis d’accentuer les effets du temps sur la maquette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*      Les élèves ont également élaboré un « son et lumière » présenté aux parents :

-          rédaction d’un scénario illustré : un troubadour raconte les heures sombres de l’épisode cathare du château,

-          images retravaillées par ordinateur avec le logiciel Gimp (images redimensionnées, calque, incrustation et superposition des images…) 

-          arrangements audio pour accompagner la présentation (M.A.O)

 

Bonjour, je m’appelle Guilhem de Comtarebour.

J'ai vu le jour ici, sur le Mont Ardu parmi les aigles des Corbières. J'y suis né et je ne l'ai jamais quitté.

J'étais troubadour de mon état et maintenant encore mon âme ne peut se détacher de ces hauteurs battues par les vents où planent à tout jamais l'histoire et le drame de tant d'hommes et de femmes du temps jadis.

 

        Au commencement était un immense piton rocheux dominant la vallée de Sainte-Croix.. Il a fallu la folie des hommes pour y construire une forteresse.

 

 

Dès le petit matin, les manœuvres transportaient par des sentiers sinueux et escarpés les blocs jusqu'au sommet.

A la hache, au ciseau, au maillet, les maçons appareillaient les pierres à la perfection, apposant ensuite leur propre marque telle le sceau d’un seigneur au bas d'une lettre.

Ces marques servaient aussi à calculer le salaire de chacun. Ainsi ceux qui avaient signé sur le plus grand nombre de pierres gagnaient-ils  plus d’argent.

Grâce aux forgerons qui sans relâche fabriquaient et réparaient les outils, les murs se sont rapidement élevés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, les charpentiers, après avoir monté les échafaudages ont utilisé des cordes et des poulies pour soulever les poutres.

    Les grosses pierres étaient hissées à l'aide de la cage à écureuil » actionnée par des hommes qui couraient à l’intérieur.

 

Il a fallu dix ans de peine, de sueur et de bel ouvrage pour qu'enfin, telle un nid d’aigles sur les hauteurs des Pyrénées, la forteresse de Puilaurens défie de ses hautes tours l'horizon et les siècles à venir.

Il ne reste aujourd’hui que des vestiges de ce temps glorieux où neuf chicanes percées de meurtrières en protégeaient l'arrivée

 

 

 

 

La porte défendue par un assommoir donnait sur une vaste basse-cour dotée d'une citerne. Le mur d'enceinte portait un chemin de ronde crénelé. Au point le plus élevé, à l'orient, un massif épousant parfaitement les contours du rocher commandait à tout le reste de la place.

 

 

 

C'est du donjon carré qu'on vit venir un jour ces hommes de l'est. Ils apportaient avec eux les idées d'une nouvelle secte chrétienne qu’ils répandirent dans tout le Languedoc, s'appelant eux-mêmes "Cathares", ce qui veut dire "purs" en grec, ils se considéraient comme les seuls vrais chrétiens.

Ils créèrent des diocèses puis nommèrent des évêques de leur religion si bien qu'ils devinrent une menace pour l'Eglise de Rome qui décida de les éliminer.

 

 

 

 

Le pape Innocent III promit à tout catholique qui combattrait ces hérétiques le pardon des péchés et la possession des fiefs conquis.

 

 

 

La répression fut terrible, dans cette croisade de chrétiens contre des chrétiens,  nos frères Albigeois à Béziers, Carcassonne, Montségur, sont tombés les uns après les autres au nom de la vraie foi.

 

L’avidité, la cupidité sanguinaire des hommes du Nord enflammèrent nos contrées. Ils brûlèrent les églises de Dieu au nom de Dieu, ils brûlèrent ces Parfaits et ces Parfaites qui avaient eu le tort de condamner la richesse démesurée de l’Eglise de Rome et de prôner un retour à une vie pure et simple : vivre du travail de ses mains comme le firent les apôtres.

 

Oh !  je ne juge pas.

 

Le pardon des péchés, la gloire éternelle, la reconnaissance et le pouvoir sur Terre sont assez pour soulever les plus indécis des hommes.

 

C’est ainsi que les cris, les pleurs mêlés à l'odeur âcre du sang et des fumées sont montés vers le ciel.

 

Aujourd’hui, le fracas des épées s’est tu. Le silence efface peu à peu les traces de ces heures sombres gravées dans la pierre. Le cœur des hommes s’est apaisé mais les regards épouvantés de ces milliers de fidèles brûlés, mutilés au nom d’un dieu d’amour et de miséricorde, hantent, par delà la mémoire et par delà le temps, les vestiges des châteaux cathares…

Les Loups

 

Le soir lorsque la nuit noire, vagabonde dans les sous bois

En traînant, dans son grand manteau, la légende des mille voix

Hurlements, signes des Rois, flottent alors semant l'effroi

Hurlements, cris d'autrefois, se répandent semant l'effroi, autour de moi

 

Symboles gravés dans la pierre, c'est ici, l'antre des loups

Ames impures, réincarnation, les damnés craignent le jour

Chevaliers, morts au combat, loups solitaires couverts de boue

Chevaliers, morts pour la foi, loups solitaires deviennent fous, jour après jour

 

Les loups m'observent, s'emparent de mes rêves

Les loups m'appellent, et le jour se lève

Près de mon corps, ont laissé leur flamme

Au fond de mon âme, ont gravé leur drame.

 

Amis, voici le soleil, il est temps de disparaître

En laissant dans cette clairière le souvenir de nos ancêtres

Hurlements, signes des Rois, flottent alors semant l'effroi

Hurlements, cris d'autrefois, se répandent semant l'effroi, autour de moi.

 

Les loups m'observent, s'emparent de mes rêves

Les loups m'appellent, et le jour se lève

Près de mon corps, ont laissé leur flamme

Au fond de mon âme, ont gravé leur drame.

 

 

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